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J’avais 17 ans et j’étais inscrit à l’école biblique.  Ce n’est pas que je n’aimais pas mes cours.  Ou que je n’avais pas envie de voir du monde ou de participer à des projets d’école ou d’église.  Mais j’avais soif de Dieu, de le rencontrer personnellement.  J’avais commencé à tranquillement mémoriser et méditer l’épître aux Éphésiens et j’y prenais goût.   Éphésiens 1.  Verset 11 : « En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté…».  Ça ne servait à rien d’essayer d’imaginer le Père, le Fils et le Saint-Esprit réunis en conseil autour d’une table ovale.  Je savais que j’entrais au cœur du cœur de Dieu : le conseil de sa volonté.  Ça me faisait penser au verset 5 : selon le bon plaisir de sa volonté.   « Nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus Christ, selon le bon plaisir de sa volonté.»  Inconsciemment, je gravitais au-delà d’une simple compréhension intellectuelle du texte et j’entrais dans une communion avec Dieu, un élan d’adoration envers Celui dont l’intention libre et le bon plaisir avait été de déverser sur moi Sa grâce, en Jésus-Christ.  Ceux qui ont eu des expériences semblables (que j’oserais qualifier de mystiques) pourront témoigner qu’il n’y a rien de comparable sur terre et que la soif n’en fait que décupler.   Douce spiritualité.  C’était une période de ma vie où je retrouvais rapidement et régulièrement une communion avec Dieu.

Fast forward quelques années plus tard.  L’école biblique est loin derrière.  Ma vie privée a été envahie par ma tendre épouse et 3 beaux enfants (beaux mais aussi remplis d’énergie!).  Et une maison à entretenir, et une église nouvellement implantée à paître, et un projet de rénovation de bâtiment, et des réunions de conseil, des bénévoles à motiver, des visites pastorales, des réunions d’équipe, des préparations de sermons, etc.  Toutes des charges qui semblaient faire obstacle à ma vie spirituelle, telle que je l’avais expérimentée adolescent.  J’avais beau gérer mon horaire et mes priorités, les longues périodes imperturbées de méditation des Écritures et de communion mystique avec Dieu étaient plus rares.  Je devais me rendre à l’évidence : soit que la responsabilité d’église est un empêchement à la vie spirituelle ou bien que ma définition de la spiritualité chrétienne doit changer.  soit que la vie de leader d’église est l’obstacle principal à la vie spirituelle ou bien que ma définition de spiritualité chrétienne doit changer.  Il me fallait une spiritualité de terrain.  Une façon d’allier l’action pastorale et missionnaire à la communion personnelle avec Dieu.

Curieusement, c’est la parabole terrible du jugement dans Matthieu 25 qui allait m’ouvrir une première porte.  Pour expliquer à ses « brebis » comment celles-ci ont bel et bien nourri, abreuvé, accueilli, revêtu et même visité Jésus lui-même, le Seigneur leur dit au verset 40 : « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. »  Découverte : Je suis en communion avec Christ quand je prends soin de mes frères et sœurs dans le besoin.  Et ensuite, le dernier verset de l’Évangile de Marc : « Et ils s’en allèrent prêcher partout.  Le Seigneur travaillait avec eux… ».  Découverte : je suis en communion avec Christ dans l’action même de la prédication.  Ou bien le dernier verset de Matthieu : « Enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »  Découverte : je suis en communion avec Christ dans l’action de former des disciples.  Il est là !  Sur le terrain !  Au plein cœur de la mission de l’Église!  Mais pourquoi en faisons-nous si peu l’expérience?  Pourquoi, pour nous qui sommes engagés à fond dans la mission de l’église locale, avons-nous souvent l’impression que dans le feu de l’action, notre communion avec Dieu se dissipe?

Cette découverte d’une spiritualité de terrain omniprésente dans les Écritures m’a amené à voir ce que je percevais comme les principaux obstacles à ma communion avec Dieu comme étant, en réalité, les meilleurs passages vers cette communion avec Dieu: la gestion des situations problématiques, la confusion face aux prochaines étapes de direction, les critiques et l’échec.  

Les prochains articles de cette série exposera trois habitudes qui m’ont aidé à cultiver et approfondir une spiritualité de terrain.

  1. Chercher la face de Dieu au milieu de la résolution d’une situation problématique
  2. Communiquer à mes alliés quand la prochaine étape est confuse
  3. Rester relationnel face à la critique et à l’échec

 

 

 

Jacob Mathieu est pasteur à l’église Ecclésia située à Saint-Jérôme Qc.  Il a été formé au sein de l’église baptiste évangélique de Terrebonne-Mascouche par le pasteur Louis Bourque, et a complété un B.Th. avec SEMBEQ.  Il est marié et amoureux de Marie-Paul Medeiros et ils ont quatre enfants: Victoria, Théodore, Félicité et Augustin.


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One thought on “Spiritualité de terrain”

  1. Duane Mansveld says:

    Vraiment édifiant! J’ai hâte de lire les articles à venir.

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